L’urgence d’écrire : l’illusion de la première version

On a tous ressenti à un moment ou à un autre, à des degrés différents, une urgence d’écrire. Ecrire, finalement c’est quoi ? C’est exprimer une pensée, des idées, raconter une histoire, retranscrire une musique, informer en rapportant des événements, un discours. Dans ces moments-là, qu’est-ce qui se passe ? Je vous préviens, je n’ai pas la recette miracle.

En ce qui me concerne, je vais gloser sur ma propre expérience, l’écriture d’un roman. D’ailleurs, je travaille encore dessus (y a-t-il vraiment une fin à ce genre d’exercice?), donc mes impressions sont écrites « à chaud ».

Posons le contexte, bien simple.

Août 2020. Je suis sans emploi, c’est l’été, ça sent le thé glacé à la pêche, les enfants crient dans la rue avec leurs trottinettes, je rentre tout juste de road trip et je suis seul pendant deux semaines dans mon appartement… Qu’est-ce que je peux bien faire… chercher un emploi ? Meh, pas tout de suite. Je ressors donc la bible (énorme) de mon histoire. Cela fait six ans que je la nourris et ce jour-là elle me regarde de travers, elle est obèse. Il y a des fiches à n’en plus finir : note d’intention, synopsis détaillé, fiches personnages, description des décors, explication du concept, philosophie des thèmes, cartographie de l’univers, actualités correspondantes (l’histoire s’ouvre en 2010, en Corse). Il y a même un moodboard énorme sur mon mur. Souvenir : je me revois il y a quelques années auparavant annoncer à mon père : « p’pa, un jour j’aimerais bien avoir le courage d’écrire un livre ». Il m’a demandé si le dîner était prêt, il avait faim.

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Premiers mots

Samedi soir. L’heure est tardive, la tasse de thé est froide, la lumière de mon bureau fatigue un peu. Une odeur capiteuse d’épices et de sucre flotte dans mon appartement, c’est le Panettone, dévasté par mon estomac, signal que les fêtes arriveront bientôt. Pour la première fois, je n’ai pas hâte de les célébrer, puisque c’est toujours l’occasion de dresser les bilans illusoires de l’année écoulée et ne nous le cachons pas, celle-ci a été particulièrement pénible pour tout le monde. Aucune envie de revenir sur les tumultes, les déprimes à répétition, l’avalanche d’informations aliénantes et alarmistes qui provoque en nous une véritable fatigue, une usure de notre esprit, une submersion (pour ne pas dire noyade), un burnout médiatique, trop de nouvelles, c’est tout simplement trop.

Voilà pourquoi ce blogue.

Pour m’évader, pour trouver d’autres âmes égarées dans cette constellation et échanger avec elles ma passion pour l’écriture, la lecture et les actualités dans le monde.

Néanmoins, cette année n’aura pas été qu’une source d’angoisses et d’échecs, loin de là. Bon ok, peut-être que je vais faire un petit bilan, mais seulement sur le positif. Mon accomplissement ? L’écriture d’un livre dont l’histoire me trottait dans la tête depuis des années (Les Enfants du Millénaire). Pour cela, je n’y suis pas allé de main morte, j’ai profiter d’avoir quitté mon ancien travail pour lequel j’ai exercé durant quatre années. J’en avais marre, j’avais besoin d’une pause, de renouveler mes cellules grises, d’aérer et de tranquilliser mon esprit. On ne s’accorde pas assez de temps avec nous-mêmes et, je vous le dis, m’imposer ce congé de six mois aura été l’une des décisions les plus salvatrices.

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